Posted by on 19 Déc 2015 in A la une, article de recherche, Culture | 0 comments

Origine d’un peuple ancien: les bwaba du Burkina Faso et du Mali

Origine d’un peuple ancien: les bwaba du Burkina Faso et du Mali
  1. Situation géographique du « Bwamu » terre des bwaba

Le Bwamu ou le Bwatun selon les dialectes est l’appellation que les bwaba utilisent pour désigner leur terre natale située de part et d’autre du Mali et du Burkina Faso.

Couvrant une superficie de 18951 km², le Bwamu est situé au Sud –Est du Mali et du Burkina Faso. La population est estimée à environ 600.000 habitants.(Voy. mémoire, Bienvenu Jacob Koné , Evangélisation et promotion humaine, l’engagement social du chrétien en milieu bwa, aujourd’hui.).On pourrait citer quelques villes bwaba notamment celles de Tominian et San au Mali ainsi que Dédougou et Houndé au Burkina Faso. Ce vaste territoire est arrosé d’une part par le Bani, et d’autre part par la Volta Noire, les deux principaux cours d’eau.

L’étude de ce « Bwamu » suscite une curiosité historique certaine depuis l’avènement de la colonisation. De plus en plus, des chercheurs européens orientent leurs recherches sur le peuple bwaba. Il conviendra alors de rechercher l’origine historique de ce peuple qualifié arbitrairement de primitif et de société archaïque.

  1. Origine historique des bwaba

 Nous commencerons notre étude en partant des interrogations suivantes :

Les Bwaba sont-ils autochtones des terres qu’ils occupent actuellement ? Ou sont-ils venus d’ailleurs ? Ils sont réputés connaitre la technique du fer d’où leur viennent ce savoir ?

Jusque-là, les chercheurs n’ont pas pu établir avec exactitude la chronologie de l’installation des bwaba sur leur terre actuelle.

On reconnait cependant avec Jean Cremer cité par Jean Baptiste Kiethéga qu’« au moment de l’établissement d la première colonie soninké dans les environs de la ville actuelle de Djenné au début du IX ème siècle, des Bwaba et des Bozo occupaient déjà le pays ».

Pour Maurice Delafosse cité par Cremer (Voy. J.B Kiethéga, Métallurgie Lourde du Fer du Fer au Burkina Faso, Karthala, 2009,500p) ce sont les migrations Soninké et Bambana qui ont éloigné les bwaba des rives du Bani et ont restreint leur territoire au Nord.

Selon ce même argument, ils auraient compensé cette perte en occupant au Sud vers le XVI ème siècle, la région de Diébougou en forçant les bobo(sia) à migrer vers Bobo-Dioulasso. Les bwaba revendiquent encore aujourd’hui les droits coutumiers territoriaux sur le pays des Pougouli et des Dagara de la province de la Bougouriba . Ces dernières ethnies reconnaissent ce fait et indiquent qu’à l’arrivée de leur ancêtres, ils ont trouvé les derniers vestiges laissés par les Bwaba notamment les vestiges d’exploitation de l’or et du fer. Y a t-il lieu de faire ici le lien avec les ruines de Loropeni dont les origines restent inconnues? Les vestiges de ce lieu laissent cependant entrevoir les traces d’un peuple qui connaissait déjà l’exploitation du fer. Cette hypothèse n’est que purement théorique et nous engage.

Contrairement à Bienvenu Jacob KONE qui estime que « Les Bwa n’ont jamais cherché à conquérir un peuple et ils n’ont jamais été conquis », Il faut reconnaitre que les Bwaba ont été à un certain moment des conquérants. Sinon comment auraient-ils pu contraindre les bobo ( Sia) à migrer vers Bobo-Dioulasso lorsque les colonies soninké ont envahi leur territoire ?. Ces « Bobo » ou ces « Sia » sont souvent assimilés aux Bwaba par les premiers explorateurs du Burkina Faso à cause de certaines pratiques religieuses communes entre les deux communautés comme le culte Do. Ce peuple Bobo ( Sia) n’est pas à confondre avec les Bwaba. Les Bwaba de la province de la Kossi les appellent  « Gniènwa » et les distinguent des Bwaba.

S’agissant toujours de l’origine des Bwaba, ils n’ont pas pu eux-mêmes rapporter leur propre origine contrairement à leurs voisins Bambana (Mali) qui ont connu une ancienne tradition de familles de griots. Ces griots connaissent la généalogie des grandes familles et sont les détenteurs de l’histoire du Mandé. Il n’en est pas ainsi dans le Bwamu quoique la caste des griots occupe une place importante dans son organisation sociale. Ce qui est de pratique courante dans le Bwamu, c’est d’attribuer les noms des ancêtres aux descendants. On ne s’intéresse guère à la généalogie. Comment pourrait-on connaitre son origine avec de telles pratiques ?

  1. Les témoignages des peuples voisins.

Encore une fois de plus, l’histoire du Peuple Bwaba est contée par ses voisins Dogon dont on ignore la qualité des relations qu’ils entretenaient entre eux. Toutefois, on apprend avec ce peuple que les Bwaba ont connu très tardivement l’agriculture et qu’ils vivaient vêtus de feuilles de karité, de cueillette et d’apiculture. Les Dogons insistent sur le stade primaire où vivaient les bwaba et qu’ils refusaient toute circoncision. Ils étaient fortement attachés dans leurs pratiques religieuses, aux masques de feuille et inhument leurs morts dans les cases. L’hypothèse la plus plausible que nous relevons de ce flou historique est l’ancienneté du peuple Bwaba par rapport aux autres peuples habitant les abords du Mouhoun notamment les Dafing et les Peuls.

En attendant de trouver de sources plus pertinentes, méditons sur ces quelques pistes de réflexions.

by elkastro

Bibliographie

Jean-Baptiste KIETHEGA, La Métallurgie lourde du Fer au Burkina Faso, éditions Karthala, 2009.

Bienvenu Jacob KONE, mémoire, « Evangélisation et promotion humaine, l’engagement social du chrétien en milieu bwa, aujourd’hui », licence canonique en théologie 2008.

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